mardi 23 octobre 2012

Peut-on changer ce monde ?


Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. Gandhi



Pour ceux qui ont des yeux pour voir, un certain nombre de phénomènes et d’évènements expriment une mutation des consciences à l’origine de ce que de nombreux observateurs considèrent comme une « nouvelle Renaissance ».

Parmi ces évènements, le succès du premier Forum de l’évolution de la conscience qui vient se dérouler à Paris ainsi que la sortie du Guide de la Spiritualité qui dresse la cartographie d’un monde culturel et spirituel en pleine transformation. 

Un autre de ces évènements est la lettre ouverte intitulée Peut-on changer ce monde ? signée par des personnalités comme Edgar Morin (sociologue), Patrick Viveret (philosophe), Pierre Rabhi (philosophe), Christophe André (médecin), Marc Luyckx Ghisi (théologien), Philippe Desbrosses (agriculteur), Jean-Marie Pelt (botaniste) et Hanh Nguyen Ngoc (médecin).

Se changer soi-même pour changer le monde

Les signataires de cette lettre évoquent la nécessaire émergence d’une éthique globale qui doit servir de boussole aux transformations socio-économiques. Le monde ne pourra changer que si nous modifions notre vision du monde en nous changeant nous-mêmes. Ce changement intérieur passe par un éveil de la subjectivité à son potentiel intuitif et créateur ainsi que par la célébration des valeurs sacrées de la spiritualité et de la pleine conscience.

La reconnaissance d’une interaction profonde entre les mondes intérieurs et extérieurs permet de reconnaître l’écologie et la spiritualité comme deux notions indissociables de l’énergie du "Sacré".  Ce nouvel esprit du temps est à l’origine d’une culture politique que l'on peut qualifier d'intégrale dans la mesure où elle prend compte les dimensions intérieures et extérieures, individuelles et collectives.

Cette  politique intégrale n'est plus fondée sur une vision technocratique qui engendre la compétition, la perte de sens et l’individualisme mais sur une vision globale et évolutive, source de sagesse, de coopération et de solidarité.

Une nouvelle Renaissance


Le premier Forum de l’évolution de la Conscience qui a eu lieu à Paris le 13 Octobre a été salué de manière unanime comme un succès. Sur le blog d'Integral Vision, on peut en lire le compte-rendu suivant : « C’était l’occasion exceptionnelle de pouvoir écouter de grands penseurs et visionnaires, femmes et hommes. Mais au lieu de vous parler des interventions de ces personnes, je vais vous parler des derniers mots d’Eric Allodi, directeur d’Integral Vision et président d’EnlightenNext France, l’association à l’origine du Forum.

Pour le clôturer, Eric nous a parlé de la Renaissance, cette période de transition qu’a vécu l’Europe durant plusieurs siècles et dont seulement 500 personnes et les Médicis comme mécènes étaient à l’origine. Ils étaient 500 et nous aussi. Nous aussi étions 500 personnes présentes à ce Forum. Nous étions 500 à écouter ces hommes et ces femmes nous parler des idées les plus avant-gardistes, les plus à la pointe de la culture humaine aujourd’hui.

Que cela signifie-t-il profondément pour nous? Si 500 personnes ont pu influencer le cours de l’histoire et de nos civilisations, certes avec le temps que cela a pris avec les moyens de communications et d’échange de l’époque, imaginez à quelle vitesse nous pourrions faire évoluer nos sociétés, notre civilisation aujourd’hui si nous en avons l’intention claire. Les choses sont peut-être plus complexes aujourd’hui mais n’avons nous pas tous les outils à notre disposition pour y faire face?

L’évolution de la conscience elle-même n’est-elle pas le premier outil et celui qui a permis la création de tous les autres? N’est-elle pas exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour vivre et réaliser le changement de paradigme dont nous avons besoin pour faire face et surtout relever les défis du 21ème siècle ?... »

Le succès de ce Forum montre que – malgré cette exception culturelle que représente l’hégémonie d’une pensée abstraite – la France commence à participer au grand courant de régénération culturelle et spirituelle qui émerge actuellement dans de nombreux pays sur la planète.

Un courant de régénération

Paru avant les vacances, le Guide de la Spiritualité écrit par deux philosophes passionnés de spiritualité - David Dubois et Serge Durand - nous fait découvrir ce courant de régénération, aussi profond que protéiforme, qui se manifeste aujourd’hui en France à travers une efflorescence d’associations et de mouvements, de centres et d’enseignements, d’activités et de pratiques.

Les auteurs de l’ouvrage font eux aussi référence à une nouvelle renaissance : « Malgré leurs tâtonnements, ne pourrions-nous pas nous intéresser à ceux qui aujourd’hui nous ouvrent de nouveaux chemins pour l’avenir ? C’est peut-être la société telle qu’elle est qui a un avenir inquiétant. Crise économique, crise morale et éducative, démultiplication des maladies psychiques, des addictions chimiques, prémisses d’une crise écologique majeure… Cette crise n’est peut-être pas par essence catastrophique, nous pourrions la vivre comme une crise de croissance de l’esprit humain.

Comme autrefois les Lumières ont diagnostiqué la crise de l’Ancien Régime et ouvert un nouveau chemin, nous assistons peut-être à la périphérie de nos centres de décision à une nouvelle renaissance. Si renaissance il y a, la multiplicité des expériences spirituelles individuelles et collectives qui semble jaillir de partout en serait alors un laboratoire ».

Et effectivement, la cartographie détaillée que les auteurs dressent d’un paysage spirituel et culturel en pleine transformation permet de mieux comprendre ce retour aux sources de l’essentiel qui fait suite à une plongée de notre civilisation dans les abysses de l’individualisme et du matérialisme. C'est dans cet esprit que les auteurs du Guide de la Spiritualité consacrent un chapitre au mouvement intégral et à ses divers acteurs en France. 

Dans un article paru dans le magazine Santé Intégrative et intitulé Un guide pas comme les autres  - à lire sur le Blog Intégratif d’Alain Gourhant - celui-ci évoque la bonne nouvelle véhiculée par cette ouvrage : «  la spiritualité en France – ce petit pays traditionnellement cartésien, spirituellement frileux et sceptique – est en pleine effervescence, dans un foisonnement de courants et de tendances tout azimut... Ce livre est fortement recommandé à tout chercheur en spiritualité et j’espère qu’ils sont nombreux en cette période convulsive et chaotique, car il me semble que la solution à la régression collective actuelle  est à chercher dans la dimension spirituelle de l’être humain, après cette longue errance dans l’obscurité matérielle de la raison dominante. »

Une éthique globale

Tich Nhat Hanh
C’est exactement dans ce même état d’esprit qu’une lettre ouverte intitulée Peut-on changer ce monde ? a été rédigée autour de l’engagement "Pour une éthique globale" à l’occasion du rendez-vous des 15 et 16 septembre dernier à Paris où le célèbre maître vietnamien Thich Nhat Hanh a donné des enseignements sur la manière de vivre en pleine conscience, c’est-à-dire de développer sa capacité à ramener corps et esprit vers le moment présent, afin de développer sa responsabilité personnelle et d'agir pour un monde apaisé et respectueux de soi, des autres et de l'environnement.

Thich Nhat Hanh est l’une des grandes figures de l’engagement Bouddhiste dans le monde occidental, avec le Dalaï Lama. Depuis la guerre du Vietnam, il sillonne la planète pour promulguer la paix et la spiritualité engagée, notamment sur les valeurs de l’écologie dans son livre : "Ce monde est tout ce que nous avons". Il guide des milliers de personnes dans le monde à retrouver leurs valeurs éthiques et à pratiquer la solidarité dans la pleine conscience. Il a été invité dans de nombreuses institutions internationales, dont le Forum de Davos pour délivrer son message universel de justice et de gouvernance par la non-violence.

Peut-on changer ce monde ?

Nous sommes un certain nombre à penser que les valeurs fondatrices de nos civilisations sont cycliquement remises en cause.
  
Nous savons que les idéaux qui accompagnent les grandes épopées humaines ont besoin de se renouveler pour s’adapter à l’esprit des Temps et aux besoins des générations qui se succèdent sur la Terre.

L’humanité est-elle prête à accueillir une transformation de la conscience aussi radicale et profonde que celle qui lui permettrait de s’ouvrir à la splendeur du monde, à la manière d’un bourgeon qui explose au printemps pour faire apparaître la lumière de la fleur, prémisse de l’accomplissement du fruit ?

"… L’éventualité d’une telle transformation constitue l’essentiel du message des enseignements des grands sages de l’histoire humaine : Bouddha, Jésus et d’autres figures emblématiques sont les premières fleurs de l’humanité. Ce sont les précurseurs des fleurs précoces, rares et précieuses et leurs messages respectifs ont été largement incompris et souvent déformés, car une floraison généralisée n’était pas encore possible à leur époque…" (Eckhart Tolle)

L’humanité est-elle prête aujourd’hui, plus qu’elle ne l’était hier, à ce formidable changement intérieur qui prédispose à tous les changements possibles pour l’extérieur ?

Nous sommes une "grande minorité" à le croire et à le démontrer.

Résistances populaires et initiatives citoyennes


Toutes les résistances populaires des indignés face à l’imposture de la sphère financière, les innovations sociales en cours et les manifestations de la société civile pour instituer davantage de justice, davantage de solidarité, davantage de partage et de fraternité ne sont-elles pas les signes avant-coureurs de la mutation attendue ?

Toutes les initiatives citoyennes : "Resto du cœur", jardins de cocagne, économie solidaire, commerce équitable, AMAP (association pour le maintien des agricultures paysannes), Terres de Lien, Médecins sans frontières et combien d’autres mouvements bénévoles de protection de l’environnement et d’actions caritatives, n’en sont-elles pas les manifestations exemplaires ?

Elles suscitent l’adhésion spontanée et désintéressée de tant de jeunes aujourd’hui, parce qu’il sont plus préoccupés d’entraide, de solidarité et de coopération que de carrières, de compétitions ou de profits stériles…

N'éludons pas nos responsabilités

Tous ces indicateurs du changement sont sous nos yeux, aussi incontournables et irrépressibles que la métamorphose de la chenille en papillon.

Le best-seller du Vénérable Thich Nhat Hanh*, "Ce monde est tout ce que nous avons" est une invitation à relier l’écologie et la spiritualité, comme deux notions indissociables de l’énergie du "Sacré". Nous devons changer ce monde : nous changer nous-mêmes pour le rendre plus juste, plus sûr et plus durable pour les multiples espèces qui en ont besoin avec nous… et après nous, et surtout ne pas laisser faire l’insupportable discrimination économique et sociale qui dégrade la personne humaine et qui compromet toute possibilité de vivre en paix sur cette terre.

N’est-ce pas le plus beau et le plus grand des enjeux que nous pouvons relayer sur la terre entière avec les modes de communications modernes dont nous disposons afin de susciter cet immense élan vers un idéal commun : protéger la vie et les ressources sur cette belle et unique planète en commençant par célébrer en nous les valeurs sacrées de la spiritualité et de la pleine conscience.

C’est le programme du rendez-vous des 15 et 16 septembre prochain à l’Espace de la Grande Arche à Paris La Défense autour de l’engagement "pour une éthique globale", en faveur des principes d’équité et de non-violence.

N’éludons pas nos responsabilités individuelles et collectives dans la situation de ce monde en surgissement. Apprenons à vivre ensemble et à incarner ce message de paix pour entrer dans la liberté.

Co-signataires :
- Docteur Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, écrivain
- Philippe Desbrosses, agriculteur – docteur en Sciences de l’Environnement, co-fondateur d’Intelligence Verte et des principaux mouvements d’Agriculture Biologique.
- Marc Luyckx Ghisi, théologien, mathématicien, philosophe, ancien conseiller spécial à la présidence de la Commission Européenne.
- Edgar Morin, sociologue, philosophe, auteur de nombreux ouvrages de référence.
- Docteur Hanh Nguyen Ngoc, médecin acupuncteur, enseignante du Dharma, présidente de l’association Pour les Enfants du Vietnam
- Jean-Marie Pelt, botaniste, agrégé de pharmacie, écrivain, homme de radio.
- Patrick Viveret, philosophe, magistrat honoraire à la Cour des Comptes de Paris.
- Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe, essayiste auteur de "La sobriété heureuse".

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