jeudi 9 janvier 2014

Effondrement et Refondation (7) La Cosmodernité


La conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. Henri Bergson 


Parce qu’il devient une perspective crédible, l’effondrement de notre civilisation détermine un processus de résilience/refondation qui se manifeste à travers divers courants symbolisés par ces Idéaux-Types que sont les Transitionneurs, les Convivialistes ou les Créatifs culturels, évoqués dans nos derniers billets.

Dans toutes les grandes crises qu'elle a traversé, l’humanité a cherché à surmonter l'effondrement en émergeant sur un niveau supérieur. Un tel saut évolutif nécessite un détour par le passé et un retour aux fondamentaux pour les utiliser comme des fondations sur lesquelles peut s'appuyer la dynamique créatrice et intégrative de l'évolution. Cette dynamique inclue les anciens stades évolutifs pour les transcender dans un stade de plus grande complexité. 

C'est en ce sens que nous assistons aujourd'hui à l'émergence d'un  nouveau stade évolutif, celui d’une Cosmodernité qui intègre l’intuition holiste de la tradition et la raison abstraite de la modernité à travers une intelligence connective à la fois sensible et rationnelle, intuitive et collective. 

Résister et Créer

La résilience est un mouvement qui s’effectue en deux phases : être capable de supporter un choc destructeur pour pouvoir ensuite le surmonter. Les mots ont un sens : alors que supporter fait référence à un soutènement inférieur (un support), surmonter fait référence à un dépassement supérieur (monter par-dessus). Ainsi, toute refondation passe par un retour à des fondamentaux qui, après avoir permis de supporter un choc destructeur, deviennent les supports d’une émergence créatrice. Supporter l’épreuve c’est avoir la force de lui résister, la surmonter c’est se reconstruire en se réinventant. Cette dialectique entre résistance et création se retrouve dans le mot d'ordre des anciens résistants vis à vis du nouveau "désordre établi" : "Résister c'est créer, créer c'est résister".

Ce processus de résilience renvoie à la dynamique de l’évolution. On dit de l’ontogenèse - le développement individuel d’un organisme - qu’elle récapitule la phylogenèse, c’est-à-dire les divers stades de développement de l’espèce à laquelle elle appartient. L’organisme se développe en incluant les stades précédents et en les intégrant dans un stade de complexité supérieur. Ce qui est valable dans le domaine de la vie l’est aussi dans le domaine de la culture : aujourd’hui l’émergence d’un nouveau stade de conscience collective inclue et dépasse les stades- archaïques, traditionnels et modernes – qui l’ont précédé. 

Toute refondation passe donc par un retour aux fondamentaux et par leur dépassement. Pour les transitionneurs, le retour aux fondamentaux consiste à créer des communautés autonomes en termes d’énergie, d’habitat et d’approvisionnement. Pour les convivialistes, il consiste à réaffirmer une espace de socialisation primaire fondé sur la triple obligation – donner, recevoir et rendre – qui fut, selon Marcel Mauss, au cœur de l’anthropologie traditionnelle. Pour les créatifs culturels, le retour aux fondamentaux c’est le recours à des sagesses, des traditions et des intuitions pré-modernes ainsi que le détour par des formes de pensée poétiques, analogiques et symboliques qui réenchantent le monde. 

La tentation fondamentaliste

Mais ce retour aux fondamentaux peut se révéler dangereux s'il se cristallise en fondamentalisme. Le fondamentalisme est une idéologie qui fait du retour aux fondamentaux un absolu en enfermant les individus dans une trajectoire régressive qui vise à recréer un passé idéalisé totalement inadapté à la dynamique de l’évolution sociale et culturelle. Cette tentation régressive est à l’œuvre dans des mouvements intégristes, traditionalistes, communautaristes, nationalistes ou sectaires qui imaginent la refondation comme un simple retour aux fondamentaux sans faire de ceux-ci les supports d’une indispensable réinvention culturelle. 

On peut aussi trouver cette tentation régressive à l’œuvre chez des transitionneurs, des convivialistes ou des créatifs culturels qui s’arrêtent à mi-chemin sur la voie de la résilience en pensant qu’il suffit pour inventer une nouvelle civilisation de recréer des communautés conviviales organisées de manière autonome autour de modèles traditionnels. Grave erreur !...

Ils n’ont pas compris que le retour aux fondamentaux est une première phase qui permet de supporter le choc destructeur mais qui doit être suivie par une seconde, celle d’une réinvention culturelle qui permet de le surmonter en utilisant le support des fondamentaux comme tremplin vers un nouveau stade évolutif. L’évolution est un processus d’intégration fondé à la fois sur la récapitulation du passé - donc sa conservation - et son dépassement. 

Un processus d’intégration 


Penseur de l’évolution, Henri Bergson explique ainsi ce processus intégratif : « Comme, pour créer l’avenir, il faut en préparer quelque chose dans le présent, comme la préparation de ce qui sera ne peut se faire que par l’utilisation de ce qui a été, la vie s’emploie dès le début à conserver le passé et à anticiper sur l’avenir dans une durée où passé, présent et avenir empiètent l’un sur l’autre et forment une continuité indivisée : cette mémoire et cette anticipation sont, comme nous l’avons vu, la conscience même. » 

Le concept hégélien d’Aufhebung renvoie à ce double processus de conservation et de dépassement qui fonde la dynamique évolutive aussi bien dans le domaine de la vie que dans celui de la culture. Michael Löwy et Robert Sayre explique l’émergence d’une civilisation nouvelle par la conservation des meilleurs acquis de la modernité et son dépassement vers une forme supérieur de culture :

« Il ne s'agit pas de trouver des "solutions" pour certains "problèmes" mais de viser à une alternative globale à l'état de choses existant, une civilisation nouvelle, un mode de vie autre, qui ne serait pas la négation abstraite de la modernité, mais son dépassement (aufhebung), sa négation déterminée, la conservation de ses meilleurs acquis, et son au-delà vers une forme supérieure de la culture - une forme qui restituerait à la société certaines qualités humaines détruites par la civilisation bourgeoise industrielle. Cela ne signifie pas un retour au passé, mais un détour par le passé, vers un avenir nouveau. » (Révolte et mélancolie. Le romantisme à contre-courant de la modernité) 

Selon Löwy et Sayre, le détour par le passé est un " outil puissant et subversif de critique et de relativisation de la civilisation occidentale moderne". Le processus de résilience/refondation n’est donc pas un retour nostalgique vers un passé fantasmé mais, selon la formule de ces auteurs, « un détour par le passé vers un avenir nouveau ». C’est ainsi que Michel Mafessoli, penseur inspiré des mutations socio-culturelles, voit dans ce qu’il nomme la post-modernité "la synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique". 

La fin du cycle de la modernité 

L’émergence vers un nouveau stade évolutif ne peut donc pas faire l’économie d’un retour aux fondamentaux et d’une reconfiguration de ceux-ci dans le cadre d’une plus grande complexité/intégration. Les analyses de Patrick Viveret confirment cette réflexion dans un article du journal Le Monde : « Nous sommes en effet à la fin du cycle des temps modernes qui furent marqués par ce que Max Weber, d'une formule saisissante, avait caractérisé comme "le passage de l'économie du salut au salut par l'économie"... 

L'un des enjeux aujourd'hui est de savoir comment sortir de ce grand cycle de la modernité par le haut, les intégristes le faisant par le bas : garder le meilleur de la modernité, l'émancipation, les droits humains et singulièrement ceux des femmes qui en constituent l'indicateur le plus significatif, la liberté de conscience, le doute méthodologique, mais sans le pire, la chosification de la nature, du vivant, des animaux et à terme des humains, la marchandisation n'étant qu'une des formes de cette chosification. 

Et retrouver, dans le même temps, ce qu'il y a de meilleur dans les sociétés de tradition, mais là aussi en procédant à un tri sélectif par rapport au pire : un rapport respectueux à la nature, sans qu'il soit de pure soumission, un lien social fort mais non un contrôle social, des enjeux de sens ouverts et pluralistes et non des intégrismes excluant. » (Vive la sobriété heureuse

La nouveauté ne surgit pas de nulle part : l’émergence du nouveau passe par la récapitulation de l'ancien et produit une reconfiguration de celui-ci dans le contexte d’une plus grande complexité. C’est pourquoi l’approche évolutionnaire n’est ni conservatrice, ni progressiste : elle est intégrative et créatrice. Il ne s’agit ni de régresser dans un passé idéalisé, ni de se projeter dans un futur linéaire en faisant table rase de ce qui a été. Dans une perspective évolutionnaire, les stades de développement antérieurs servent de fondations sur lesquelles l’élan évolutif peut s’appuyer pour prendre son envol inspiré.

C'est pourquoi la vision intégrale est à la fois diachronique et synchronique. Diachronique parce que la dynamique de l'évolution se manifeste à travers le temps à travers  une série de sauts évolutifs. Synchronique parce que chacun de ces sauts évolutifs détermine un nouveau système d'interrelations entre la subjectivité individuelle, l'intersubjectivité culturelle, l'organisation socio-économique et le milieu naturel. 

Une intelligence connective 

Le modèle émergent à l’heure actuelle naît de l’intégration, dans une synthèse supérieure, de l’intuition holiste de la tradition et de la rationalité abstraite de la modernité. L’intuition holiste de la tradition permettait à la subjectivité de participer intimement à une totalité - sociale, naturelle et culturelle - dont elle était partie prenante et apprenante. La rationalité abstraite de la modernité a non seulement été à l’origine de la méthode scientifique et de ses applications technologiques mais elle a aussi mis à jour la dynamique de l’évolution. Plus récemment, grâce aux sciences humaines, elle a permis de comprendre la traduction anthropologique de cette dynamique dans un processus d’individuation qui s’effectue à travers une série  de stades de développement identifiés. 

Ce que nous nommons la cosmodernité naît de l’intégration supérieure entre tradition pré-moderne et modernité abstraite. Adapté à nos sociétés interconnectées, le paradigme émergent correspond au développement d’une intelligence connective où l’intuition holiste inspire, guide et contrôle l’abstraction rationnelle au service d’un développement intégral de l’être humain. La cosmodernité est un projet de civilisation où la conscience humaine participe pleinement aux différentes dimensions d’un Kosmos qui est à la fois la manifestation physique et l'intériorité métaphysique d'une même totalité en évolution. La cosmodernité est fondée sur une culture de l’interdépendance qui n’est ni la dépendance fusionnelle de la tradition, ni l’indépendance abstraite et individualiste de la modernité mais co-évolution entre l’homme et son milieu multidimensionnel. 

Après que la modernité ait révélé le mouvement immémorial de l’évolution, les temps sont venus pour l’homme cosmoderne de devenir l’agent actif et l’acteur inspiré de cette dynamique créatrice et intégrative qui concerne aussi bien l’intériorité de la conscience que l’extériorité de la matière, aussi bien l’individu que la collectivité. Ce nouveau rôle que doit assumer l’homme cosmoderne est à l’origine d’un saut évolutif et d’un changement de paradigme dont on ne mesure pas encore toute la profondeur. 

Le paradigme de la complexité 


On ne peut plus penser nos sociétés informationnelles avec les outils théoriques et les stratégies cognitives élaborées par et pour les sociétés industrielles des siècles précédents. Le contexte global de notre civilisation a totalement changé et il faut changer de mode de pensée pour percevoir, comprendre et participer au nouveau contexte dans lequel nous évoluons. Alors que la société industrielle était fondée sur une modélisation objective qui rend nécessaire la distinction abstraite, l’analyse et la spécialisation, la société de l’information renvoie à un ensemble intégré de relations en interconnexion croissante et en mouvement constant. 

Fondé sur une rationalité instrumentale et analytique, le paradigme abstrait de la modernité a inspiré le modèle utilitariste de l’Homo Œconomicus et celui, prométhéen, d’une toute puissance technologique. Au cœur de l’ère industrielle, ce paradigme technocratique a réduit la complexité multidimensionnelle du vivant et du conscient à des relations mécaniques et déterministes entre des entités objectives et statiques. Cette vaste entreprise réductionniste est l’émanation d’une idéologie utilitariste qui vise à objectiver le monde et à réifier l’être humain pour exploiter au mieux leurs ressources, et ce dans les deux sens du terme. 

Ce modèle réductionniste est totalement remis en question par l’émergence d’un nouveau paradigme fondée sur l’idée de complexité. Le terme de complexité est à prendre dans son étymologie, « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un entrelacement (plexus). Le paradigme de la complexité pense non plus en termes d’analyse et de séparation abstraite mais de relations et d’ensemble. Dans cette nouvelle vision du monde, un ensemble est plus que la somme des parties qui le constituent : c’est un système intégré et dynamique déterminant les éléments qui le composent. 

Au paradigme de la complexité correspond donc l’émergence d’une « intelligence connective » qui associe et intègre les ressources de l’intuition et celles de la raison, cette dernière mettant ses capacités d'abstraction formelle et structurale au service des facultés créatrices et visionnaires de l’intuition. Cette intelligence connective perçoit et pense en termes de relation et de globalité, de flux et de dynamique plutôt qu’en termes de distinction et de spécialité, d’objet et de stabilité. A travers un processus de synchronisation à la fois subjectif et intersubjectif, elle participe au flux dynamique d’une conscience collective en utilisant comme support les technologies de l’information. 

Des parties vers le Tout 


Nous avons suffisamment détaillé ce changement de paradigme dans Le Journal Intégral pour inciter les lecteurs à s’y référer s’ils cherchent plus d’informations à ce sujet. Alors que la création et l’étude de ce nouveau paradigme étaient jusqu’à présent un sujet d’intérêt pour les happy few des avant-gardes culturelles, il devient aujourd’hui un outil indispensable à intégrer pour ceux qui désirent s’engager dans la voie d’une transition globale. En effet, on ne peut rien comprendre à la marche du monde actuel si on n’a pas en tête la dynamique de cette évolution culturelle qui se manifeste à travers nombre d’évènements et de situations devenues inintelligibles sans ce nouveau regard.

La québécoise Andrée Mathieu analyse ainsi ce changement de paradigme sur l'Encyclopédie de l'Agora : « Les crises que nous observons, économiques, sociales, environnementales, politiques, culturelles, etc. ne sont pas dissociées. Le fait qu'elles soient perçues comme indépendantes traduit une profonde incompréhension du monde que nous avons contribué à complexifier… Nous assistons présentement à ce qu'on appelle un changement de paradigme, le remplacement d'un modèle révolu par une explication plus cohérente et plus pertinente de notre monde. 

Depuis la Révolution industrielle, nous avons découpé la réalité en petits morceaux pour mieux la comprendre. Nous avons conçu nos organisations comme un assemblage de "parties", divisé le travail en "tâches", la connaissance en "disciplines", l'administration publique en "ministères" et nous avons travaillé en "silos". Nous devons maintenant déplacer notre attention des parties vers le tout et mettre l'accent sur les interrelations qui déterminent la dynamique des systèmes vivants auxquels nous appartenons. En somme, nous devons quitter le monde de la machine (assemblage de composantes) pour celui des réseaux vivants dans toute leur complexité. Les machines, on peut les contrôler, c'est rassurant. Les systèmes vivants, eux, réagissent, et pas toujours de la façon attendue...

Ceux qui ont une plus grande sensibilité aux interactions qui peuplent et relient les sphères environnementale, culturelle, sociale et économique, ne peuvent plus concevoir le développement de notre société de la même façon qu'avant, qu'ils possèdent ou non le cadre théorique pour décrire sa complexité. Les jeunes gens, dont l'univers est meublé de réseaux, qui voyagent dans des pays lointains pour voir comment vivent les gens et constater l'influence que notre mode de vie a sur eux, qui suivent des cours d'écologie dès le plus jeune âge et qui comprennent intuitivement les interactions caractéristiques des systèmes complexes, réclament à hauts cris qu'on leur permette d'adapter nos institutions à ce monde qu'ils voient différemment. 

 Ils souhaitent acquérir, avec les outils d'aujourd'hui, les connaissances et les compétences dont ils auront besoin pour relever les défis sans précédent qui les attendent, et qui ne sont malheureusement pas compris, ni souvent même reconnus, par l'ancienne vision du monde… » (Directe, indirecte : le choc des démocraties. 14/06/12) 

Créateurs de sagesse


Filles d’une cosmodernité émergente, les nouvelles générations ne peuvent plus se reconnaître dans le miroir que leur tend une vision technocratique devenue totalement inadaptée pour exprimer la dynamique de l’évolution culturelle. Elles sont en quête d’une vision novatrice et d’un langage original capable de traduire leur intuition et leur expérience intime d’un monde interconnecté. 

Michel Serres a écrit : « Le philosophe de demain sera celui qui repensera tout, du cognitif au politique, car tout est nouveau. » Le philosophe de demain n’est pas un penseur en chambre, endormant l'opinion en lui répétant de manière hypnotique les fables abstraites d’une modernité à l’agonie, veillée par des héritiers post-modernes qui ne pensent qu'à l’achever. Le philosophe de demain n'aura plus grand chose à voir avec ce que l'on entend aujourd'hui par philosophie c'est à dire le plus souvent,  la réduction de la conscience à la pensée conceptuelle et la réduction de la pensée conceptuelle à un formalisme abstrait totalement déconnecté de l'intuition créatrice.

Si la philosophie consiste, selon le mot de Nietzsche, à "nuire à la bêtise", le penseur de demain dépassera ce formalisme abstrait pour devenir un visionnaire capable de synchroniser son intelligence connective avec une intelligence collective en mouvement, elle-même inspirée par la dynamique créatrice de l’évolution. Le monde apparaîtra à ce visionnaire inspiré comme la manifestation de cette dynamique à laquelle il est connecté intuitivement. La conscience collective s’exprimera donc à travers des créateurs de sagesse capables de mettre en forme et en acte le récit fondateur d’une cosmodernité fondée sur l’interdépendance, la co-évolution et le dépassement de l'égo pour accéder à une conscience multidimensionnelle. 

Comme le dit le constitutionnaliste Dominique Rousseau dans un article récent du Monde : " A la différence du XVIII ème siècle, où Voltaire et Rousseau (fait prisonnier pour l'un, conspué par le système pour l'autre), étaient très connectés et ont produit des thèses qui ont eu un impact dans la société, les livres équivalents sur l'époque actuelle ne sont pas encore sortis. Cela va sûrement passer par les réseaux sociaux qui vont produire ce qui est invisible aux yeux des élites. De là surgiront les intellectuels qui vont donner des mots au monde qui vient." (Les élites débordées par le numérique) 

On a envie de de répondre à Dominique Rousseau que l'histoire ne se répète pas mais qu'elle évolue. Ceux qui donneront au monde qui vient des mots capables de l'exprimer ne seront pas des intellectuels, enfermés dans les limites du mental, mais des créateurs de sagesse connectés à la dynamique d'un Kosmos en évolution. En surfant au gré de son intuition, on peut effectivement voir émerger sur certains espaces qualitatifs du Net, un nouveau mode de conscience encore invisible pour les radars de la pensée dominante. Cette intelligence connective tisse les fils d'une cosmodernité qui naît de l'intégration de la tradition et de la modernité dans une synthèse supérieure.

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